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22/12/2008

Joyeuses fêtes à tous

Le Boss à Paris en 2007

"Est-ce que vous croyez au père Noël ? "

12/12/2008

Hommages

La reine des pin-ups et le roi du fantastique nous ont quitté.

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Betty Page 1923 – 2008

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Forest J. Ackerman 1916 – 2008

Images : site Betty Page et Wikipedia

06/11/2008

Cette fois, c'est la bonne

27/09/2008

10e Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice

Mes lecteurs les plus réguliers savent que je risque de me faire plus rare le mois à venir. Comme chaque année, l'association Regard Indépendant que je préside organise les Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice. Et cette année, ce sont les 10e. « J'ai dix ans... » comme chantait l'autre. Nous allons donc essayer de nous surpasser, même si je n'ai guère le goût des chiffres ronds. La manifestation est axée sur la création indépendante et régionale. Il y aura donc beaucoup de films d'illustres inconnus, ce qui ne signifie pas qu'ils ne soient pas pour autant remarquables. Les spectateurs curieux y découvriront les nouvelles oeuvres de Cédric Romain, Stéphane Coda, Catherine Savy, Cédric Coppola, Jérémie Lenoir entre autres. Le samedi 25, il y aura une grande soirée consacrée au super8 avec des films que notre association a produit sur le thème « Insomnie », une sélection des Straight8 anglais et une autre du festival de Strasbourg. Dimanche sera consacré, façon de parler, à l'expérimental et à la vidéo d'art avec une série de cartes blanches. Entre les deux journées, une nuit du cinéma constituera le point culminant de la manifestation avec une série de courts métrages, Primrose hill de Michael Hers dont je vous avait parlé lors du festival de Clermont Ferrand, et deux films assez peu ordinaires : Quand l'embryon part braconner du japonais Koji Wakamatsu, film « pink » c'est à dire érotique mais aussi politique ; et King boxer (La main de fer), un classique du film de kung-fu hong-kongais qui date de 1972 et que l'on doit à Cheng Chang-Ho avec une distribution de classe constitués de Lo Lieh, Wang Chin-Feng, Wang Ping, Hsiung Chiao et Lin Tung.

Dimanche soir verra la diffusion du documentaire de Denys Piningre, L'assiette sale. Lundi soir, nous recevrons Gérald pour son étonnant long métrage Paulo Anarkao produit complètement en marge et qui bénéficie d'un très joli bouche à oreille. Nous clôturerons cette édition pour laquelle nous croisons les doigts et serrons les fesses avec En haut des marches de Paul Vecchiali.

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Il est temps de vous parler d'un événement qui me tient particulièrement à coeur. Cela fait quelques temps que je caresse l'idée de réunir quelques-uns des blogueurs avec lesquels nous échangeons régulièrement depuis quelques années. Après consultation, j'ai inclus dans ces 10e Rencontres une séance un peu spéciale qui réunira rien moins que le bon Dr Orlof, Edisdead de Nightswimming, Joachim de 365 jours ouvrables et votre serviteur. J'ai également invité à ce rendez vous Philippe Serve de Cinéma Sans Frontières, le ciné-club niçois et Daniel Fimbel du Ciné-Café tout aussi niçois. Nous projetterons le film de Luc Moullet, Les sièges de l'Alcazar, puis nous débattrons des nouvelles formes de la cinéphile, qu'elle s'exprime sur Internet ou qu'elle retrouve des formes plus classiques. Je ne vous cacherais pas que j'attends ce moment avec impatience, même si nous devons nous retrouver autour d'un bon verre pour échanger. Mais je ne doute pas qu'un public nombreux et impatient de prendre la parole nous rejoindra ce samedi 25 orctobre à 16h00 au Théâtre Trimages. Je tiens d'ores et déjà à remercier mes camarades d'avoir accepté mon invitation et vous invite, pour en savoir plus à lire les entretiens que nous avons réalisé :

Avec le Dr Orlof (lien)

Avec Edisdead de Nightswimming (lien)

Avec Joachim de 365 jours ouvrables (lien le 29 septembre)

 

02/09/2008

Petit hommage

"J'aime autant Le Mystérieux docteur Cornélius, de Gustave Lerouge qu'A la recherche du temps perdu. Il ne faut pas établir d'échelles de valeur entre la "grande" et la "petite" littérature. Les classements sont faits pour les bibliothécaires."

Francis Lacassin 1931 – 2008 (Cité par le Monde)

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Couverture de la revue Bizarre (nouvelle série, n° 29-30, 2e trimestre 1963) éditée par J.J. Pauvert à laquelle Lacassin collabora. Ici, il signe l'article « Tarzan, mythe triomphant, mythe humilié » sur l'un de ses personnages fetiches auquel il consacrera un livre somme. Source : L'alamblog

19/06/2008

Eloge des 35 heures

Tiens, dans les pages rebond de Libération, un bel article de Jean Viard sociologue, directeur de recherches CNRS au centre de recherche politique de Sciences-po (Cevipof). Un article qui nous change agréablement des litanies actuelles sur le « travailler plus ».

 

« Ainsi, maintenant, après avoir étudié, travaillé et dormi, il nous reste près de 60 % de notre temps de vie de disponible pour autre chose, contre 20 % avant 1914 : là est la grande révolution économique, sociale et culturelle du XXe siècle. C’est pourquoi on peut aujourd’hui «se réaliser dans son travail», y compris les dames - et le contrat de travail, quand il est à durée indéterminée, est aujourd’hui plus protecteur pour les mamans que le contrat de mariage. N’oublions pas que cette France des 35 heures est aussi celle des deux enfants par femme dont 57 % naissent hors mariage. Donc, nous sommes face à un enjeu fondateur de notre avenir, où se lient productivité du travail horaire (où nous sommes leaders mondiaux), objectifs collectifs de production (voulons-nous travailler, produire et polluer par exemple autant que les Etats-Unis ?), l’équilibre de nos vies entre travail salarié, famille, action éducative auprès des enfants, temps à soi, sommeil, temps citoyen ».

 

Ca fait plaisir à lire.

20/04/2008

Nègre (hommage)

«C’est quoi une vie d’homme ? C’est le combat de l’ombre et de la lumière… C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… Je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté.»

Aimé Césaire

Entretien à Présence africaine cité par Libération

18/04/2008

Le cadavre est à terre mais l'idée est debout

13/04/2008

Salut et meilleurs voeux de santé

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot ?

 

Aimé Cesaire

Cahier du retour au pays natal

20/02/2008

"Qui veut la peau du Domaine Public ?"

Un excellent article du non moins excellent Florent Latrive sur son blog Caveat Emptor. Tandis que l'on glapit à nouveau sur le « téléchargement illégal » tout en maintenant la tête de la licence globale sous l'eau, certains à la Commission Européenne envisagent d'allonger drastiquement la durée des droits d'artiste-interprète : 95 ans au lieu de 50 aujourd'hui. Et allez donc ! Latrive, auteur du remarquable Du bon usage de la piraterie(à télécharger ici) rappelle opportunément que cette décision, cousue de bonnes intentions, profitera surtout à une trentaine d'artistes aussi miséreux que Charles Aznavour, célèbre évadé fiscal, ou Johnny Halliday, célèbre presque évadé fiscal. Et puis bien sûr aux gros producteurs type Universal qui pourront continuer 45 ans de plus à presser le citron de leurs catalogues de droits tout en pleurant sur la baisse des ventes de CD. Mon coeur saigne pour eux. Latrive rappelle aussi opportunément l'intérêt et l'importance du Domaine Public, honteusement absent du débat actuel.

 

[...] il est aussi possible de défendre le domaine public avec pragmatisme, en pointant le travail d’éditeurs spécialisés dans la mise en valeur d’oeuvres oubliées et non rentables depuis longtemps, comme Frémeaux et associés. Ou le le travail passionnant d’archivage permis par le numérique, avecArchive.org ou le récent projet de mise à disposition de films de l’enfance du ciné par le boss de Lobster, l’European Film Treasures. Allonger la durée des droits, c’est rendre plus difficile, voire impossible, ces projets. Allonger la durée des droits, c’est nier la valeur politique du domaine public, seul espace réellement commun d’une culture libérée des pures contraintes marchandes.

 

Évidemment, si on se met à utiliser les grands mots.

14/10/2007

Rencontres à Nice

Comme chaque année, je participe à l'organisation des Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice par l'association Regard Indépendant. Ce qui prend pas mal de temps. 9e édition le 18 puis du 22 au 28 octobre avec du court métrage, de la vidéo, du documentaire, de la musique, des invités et une nuit blanche du cinéma avec un peplum et un western italien. Rien que ça ! Je vous invite à visiter le blog des Rencontres en cliquant sur l'affiche ci-dessous. Et si vous êtes sur Nice, vous serez les très bienvenus.
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25/08/2007

Larcenet au travail

Et cet homme a très bon goût, c'est Springsteen en fond sonore !

 

18/07/2007

Mille sabords !

« La chaîne Borders a retiré Tintin au Congo de ses rayons de littérature pour enfants dans tous ses magasins aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne en raison d'accusations de racisme, apprend-on mardi 17 juillet.
La Commission britannique pour l'égalité des races (CRE) avait recommandé le 11 juillet aux libraires de retirer cette bande dessinée de la vente.
Elle avait été saisie par un client d'un magasin Borders et avait jugé cet ouvrage "délibérément raciste". »
Nouvel Observateur

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« Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : "Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !", etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. » Hergé

« Si certaines images caricaturales du peuple congolais données par Tintin au Congo font sourire les Blancs, elles font rire franchement les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l’homme blanc qui les voyait comme cela »Revue Zaïre (2.12.1969)

« Nègre je suis, nègre je resterai » Aimé Césaire

28/02/2007

Joyeux anniversaire !

J'ai créé Gaston pour me reposer au moment où je butais sur Spirou. Je l'ai créé pour illustrer ma flemme. Même au moment de ma dépression, je l'ai dessiné et cela me reposait.

 

André Franquin

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12/10/2006

Rencontres à Nice

Comme chaque année à la même époque, je me plonge dans la préparation des Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice, la manifestation organisée par l'association Regard Indépendant, que j'ai l'honneur et la lourde charge de présider. Du 6 au 11 novembre 2006, la 8ème édition prend à nouveau ses quartiers au théâtre Trimages à Nice. Notre mission, puisque nous l'avons acceptée, est de permettre au public de découvrir la production cinématographique régionale.

Cette année, un accent particulier a été mis sur les films travaillant autour de l'image, c'est à dire en revendiquant l'utilisation de certains formats comme le super8, ou bien en utilisant les images des autres comme les adeptes du détournement. Les spectateurs curieux pourront ainsi découvrir la série des Documents Interdits de Jean-Teddy Filippe, les films en super8 « tourné-monté » de l'association anglaise Straight8, le travail du cinéaste Louis Dupont et un ensemble intitulé : « Les iconoclastes du web » avec les oeuvres de plusieurs créateurs complets s'appuyant sur les réseaux Internet et travaillant en parfaite indépendance, Charlie Mars, Joe la Mouk, Kansas, Mozinor, Tilo Lagalla, qui développent une façon très libre de faire des films. L'association l'Atelier du Film Court de Caen sera invitée à présenter les courts métrages de réalisateurs régionaux qu'elle soutient et échangera sur les moyens d'action en région. Une large place sera faite aux productions régionales et je vous laisse découvrir les détails de cette magnifique manifestation sur le blog des Rencontres.

Si vous passez par Nice...

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La belle affiche est l'oeuvre de Milou.

24/08/2006

Cher Nanni...

Je me lance dans la confection d'un nouveau blog un peu différent, je l'espère : Cher Nanni...

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Cher Nanni... est un projet de film documentaire que je porte depuis plusieurs années autour de l'histoire des salles de cinéma de la ville de Nice. Écrit à la fin des années 90, j'ai essayé de le produire sans succès mais j'ai accumulé une masse assez importante de documents autour du sujet. Repérages, entretiens, vidéos, archives, tout un ensemble que j'ai envie de faire partager et d'enrichir éventuellement en m'appuyant sur les échanges qui font partie intégrante des blogs. Je pense également ajouter à ces documents des images et des sons venus des films évoqués par les différentes salles et que j'ai imaginé faire partie du documentaire, sous réserve des problèmes toujours complexe de gestion des droits. Un blog comme un film, pour donner une idée d'un film. J'ouvre donc mes cartons à compter du mois d'août et vous invite à passer faire un tour.

05/07/2006

July, le Canard et Charlie

Il y a un très bel article dans le dernier numéro du Canard Enchaîné par Louis-Marie Horeau sur le départ de Serge July de Libération. July, comme beaucoup je crois, je le lisais avec plaisir sans être toujours d'accord avec lui. Au moins, ce qui ne manquait pas dans son journal, c'était l'enthousiasme. On lui a beaucoup reproché son édito post référendaire, mais j'avais trouvé courageux qu'il dise ainsi ce qu'il pensait d'autant que j'étais proche de ses sentiments sur le moment. J'ai été élevé dans l'admiration des personnages de journalistes dans des films comme Bas les masques de Brooks ou Citizen Kane de Welles. Alors, qu'un patron de presse, un véritable journaliste, le créateur d'un titre phare de ces trente dernières années, quoi que l'on puisse penser de Libération, soit partit sous la pression d'un actionnaire, c'est triste. Ce que je comprends mal, c'est qu'un homme comme lui ne l'ai pas vu venir. July n'est pas une oie blanche. Comme l'écrit justement L-M Horeau, le dénouement de l'histoire était écrit dès l'entrée de Rothschild dans le capital du journal. Pourquoi July et ceux qui font Libération depuis tant d'années n'ont-ils pas trouvé, pas voulu trouver, une solution alternative ? Avec le Canard, J'achète essentiellement Charlie Hebdo. Ce sont deux hebdomadaires et ils ont en en commun de ne pas faire de publicité, d'appartenir à ceux qui l'écrivent, de ne pas être présents sur Internet et de veiller jalousement à leur indépendance. Qu'est-ce qui aurait empêché Libération d'emprunter une voie similaire ? Qu'est-ce qui fait que tous ces grands journaux historiques ont aujourd'hui disparu ou se sont complètement perdus ? Comme si concentration, capitalisation, profit, étaient inéluctables. Ca me laisse rêveur, triste un peu, furieux aussi.

 

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Évoquant les rapports avec Internet, le Canard Enchaîné, pour éviter les faux sites, a ouvert une page web ICI. Pour ce qui est de Charlie, Philippe Val, son rédacteur en chef, est connu pour sa méfiance vis à vis de ce media. Il me semble raisonnable de ne pas se lancer dans quelque chose que l'on ne maîtrise pas assez bien. Néanmoins, il existe un très joli site qui regroupe les couvertures et des dessins de Charlie-Hebdo et de Hara-Kiri. C'est pas triste et c'est ICI. Les couvertures de l'hebdo sont issues de ce site et je les ai choisies, évidemment, en relation avec ma sensibilité éspagnole du moment (voir plus bas).

27/06/2006

Là-bas

La radio, j'en fais sur une petite station locale, mais je ne l'écoute que rarement. Pas le temps et puis, souvent, ce que j'entends n'est pas terrible, entrecoupé de publicités, de bulletins d'information indigents, de musique pénible... mais quand je rentre du boulot avec une collègue, vers 17h00, elle écoute l'émission de Daniel Mermet : Là-bas si j'y suis. Et ce programme, je m'y suis attaché même si je ne peux l'écouter régulièrement Il y a un site qui retransmet les émissions et le ton, les sujets, l'intelligence des propos, tout cela me séduit et me rappelle parfois ce que j'adorais dans Droit de réponse, l'émission de Michel Polac. Aujourd'hui, sous des prétextes de réorganisation de grille (ouaf, l'excuse bidon à une décision politique), certains cherchent à torpiller Là-bas si j'y suis. Donc pétition ICI et communiqué ci dessous.


Contrairement à ce qu’avait annoncé le nouveau directeur de France Inter, l’émission de Daniel Mermet «Là-bas si j’y suis» ne figurerait pas dans la grille à la rentrée de septembre.

Actuellement programmée à 17 heures avec une excellente audience (500 000 auditeurs) «Là-bas» serait programmée à 15 heures ce qui lui ferait perdre plus de 50% de ses auditeurs, la tranche horaire de 15 heures étant traditionnellement beaucoup moins écoutée quelle que soit la radio considérée.

Là-bas si j’y suis n’est pas une émission neutre et cette relégation n’est pas neutre, surtout au lendemain de mobilisations sociales et au seuil d’une année électorale.

Faut-il rappeler que l’actuel président de Radio France Jean-Paul Cluzel, Inspecteur général des finances, longtemps collaborateur de Jacques Chirac, intime d’Alain Juppé et récemment reconverti au sarkozysme n’a pas fait mystère, dans un entretien au Figaro Magazine, de ses idées « de droite, catholiques et libérales ».

Depuis son arrivée marquée par une brutale reprise en main provoquant le départ de personnalités emblématiques comme Pierre Bouteiller et Jean-Luc Hees, c’est près de 400 000 auditeurs qui ont quitté France Inter en moins de deux ans.

Ainsi avec la campagne pour le référendum sur la constitution européenne du 29 mai 2005 où la tranche «7/9» s’est distinguée par un soutien déchaîné et sans contrepartie au OUI, c’est environ 250 000 auditeurs qui ont quitté l’antenne et ne sont pas revenus. Dans le même temps « Là-bas si j’y suis » gagnait 45 000 nouveaux auditeurs.

Le 2 mai à la surprise générale, Frédéric Schlessinger, un nouveau directeur a été nommé à la tête de la station. Inconnu de France Inter qu’il reconnaît ne pas connaître d’avantage, cet ancien responsable du pôle radio du groupe Lagardère s’empresse de couper quelques têtes parmi les plus chères aux auditeurs. Le dernier en date étant Alain Rey une des voix les plus aimées d’Inter.

Mais n’en doutons pas les auditeurs seront sans doute consolés par l’arrivée de M.O.F. (Marc Olivier Fogiel).

Et tout cela dans quel but ? Sauver France Inter en faisant remonter par tous les moyens le chiffre des sondages d’audience.

Ces chiffres sont éminemment discutables et l’on ne fait pas de la radio avec des chiffres. Or même si l’on accepte d’entrer dans cette logique, pourquoi pénaliser « Là-bas » dont le très bon taux d’audience est un des rares en augmentation alors que plusieurs émissions qui ont perdu des auditeurs sont maintenues ?

Ces incohérences ne peuvent dissimuler une volonté politique et idéologique très claire de casser « Là-bas si j’y suis » avant d’en débarrasser la grille de France Inter.

Nous devons nous opposer vigoureusement à ces manipulations. Financée par la redevance, Radio France est un bien public, « la plus grande école de la République » et l’un des seuls espaces médiatiques en France qui n’ait pas pour but de vendre du temps de cerveau humain disponible aux annonceurs.

Cette relégation ne concerne pas seulement Daniel Mermet et l’équipe de Là-bas, c’est un mépris pour ceux qui depuis des années écoutent cette émission et peuvent simplement s’y faire une image différente du monde « à l’écoute de la différence ».

Mépris aussi et avant tout pour ceux dont les voix, ici et ailleurs, de charniers en chantiers, de souffrances en résistances, seraient encore un peu plus étouffées.

15/06/2006

Salut, l'artiste

Ouï dire

Il y a des verbes qui se conjuguent
très irrégulièrement.
Par exemple, le verbe "Ouïr".
Le verbe ouïr, au présent, ça fait : J'ois... j'ois...
Si au lieu de dire " j'entends ", je dis " j'ois ", les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux alors que ce que j'entends peut être particulièrement triste.
Il faudrait préciser :
" Dieu, que ce que j'ois est triste ! "
J'ois...
Tu ois...
Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ?
Il oit...
Oyons-nous ?
Vous oyez...
Ils oient.
C'est bête !
L'oie oit. Elle oit, l'oie !
Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle ?
Si au lieu de dire " l'oreille "
on dit " l'ouïe ", alors :
l'ouïe de l'oie a ouï.
Pour peu que l'oie appartienne à Louis :
" L'ouïe de l'oie de Louis a ouï. "
" Ah oui ? Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis ? "
" Elle a ouï ce que toute oie oit... "
" Et qu'oit toute oie ? "
" Toute oie oit, quand mon chien aboie
le soir au fond des bois,
toute oie oit : ouah ! ouah !
Qu'elle oit, l'oie !... "
Au passé, ça fait :
J'ouïs...
J'ouïs !
Il n'y a vraiment pas de quoi !
 
Raymond Devos 

30/05/2006

Connivences (2)

Je ne suis pas très régulier sur l'Hispaniola, mais il faut quand même que j'explique la note précédente. Au fur et à mesure que l'on s'intéresse à différents artistes, écrivains, cinéaste, musiciens, ce que l'on voudra, on finit par faire un certain nombre de liens entre eux qui passent en fait par sa personnalité propre. En clair, je mets dans les gens dont j'apprécie les oeuvres beaucoup de moi. Un moi que cette accumulation d'oeuvres contribue à former. Et cet ensemble auquel je donne une cohérence finit par former une sorte d'oeuvre globale. Avec le temps, j'ai appris que ce que je mettais dans telle ou telle oeuvre n'était pas forcément évident pour son auteur, à plus forte raison si celui-ci est mort. Que penserait John Ford de mes rapprochements de ses films avec les chansons de Bruce Springsteen ? Pas grand chose sans doute. Au jeu des références, on fait un peu ce que l'on veut. Les liens que l'on crée semblent parfois tout à fait tirés par les cheveux. Pourtant, ces références peuvent exister naturellement. Peut être bien que Manu Larcenet écoute Benabar. Et même, j'arrive enfin là où je voulais en venir, ne partez pas, un élément nouveau justifie une vague intuition que l'on croyait toute personnelle. La phrase de la note précédente, je ne sais pas si quelqu'un la connaissait, est une réplique de l'Homme tranquille de John Ford. Lorsque Michaleen Ogg Flynn (Barry Fitzgerald) a raccompagné Sean Thornton (John Wayne) après sa première journée de retour à Innisfree en terre d'Irlande. Il le laisse devant le cottage de son enfance, le soir tombe, le vent souffle doucement et cette réplique est pleine d'une nostalgie ironique, l'une des rares allusions politiques dans le film qui est avant tout un conte romantique pour adultes. Et cette réplique, je l'ai retrouvée sur la page d'accueil du nouveau DVD Noir Désir par Henri-Jean Lebon. Quel choc, mes amis ! Du Ford dans l'univers de Noir Désir. Voilà le genre de connivence que j'aime.

 Le DVD