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24/05/2009

La (trop) rare Françoiz Breut

D'abord, elle a une très belle voix. Bien timbrée, posée, un rien sensuelle aussi, dont on sent la force et l'assurance. Une voix qui contraste avec son allure juvénile voire presque fragile. Françoiz Breut est pleine de vie et d'énergie, ce qu'elle projette à travers la poésie de ses mots choisis. Elle déroule ses phrases comme autant d'invitations à des cavalcades en plein champ, des soirées sous les arbres ou de longues ballades en voiture. C'est une chanteuse d'atmosphère et de mouvement. Et puis elle ne manque pas d'humour.

A l'aveuglette.jpg

Musicalement, elle n'est pas la compagne de Dominique A. pour rien. C'est lui qui l'a aidé à se lancer après qu'elle ait mis ses talents de dessinatrice au service de Si je connais Harry. Et je n'avais pas été surpris de la voir collaborer avec Yann Tiersen sur l'album Black Session ou avec Louise Attaque. Tout ça, c'est un peu la même famille. Riche en harmonies et en sonorités, la musique forme un écrin à sa voix, brassant de nombreuses sources d'inspiration qui ramènent tant à des mélodies d'enfance qu'à la puissance évocatrice du rock ou encore à des souvenirs de cinéma. Comme souvent en ce qui me concerne, c'est par là que je l'ai découverte. Je déambulais dans les allées de la FNAC quand j'entends tout à coup sa reprise de La chanson d'Hélène du film de Claude Sautet, Les choses de la vie. Coïncidence heureuse, je venais de découvrir le film récemment. Ce fut le coup de foudre. Une question au vendeur plus tard, je repartais avec l'album de 2000 Vingt à trente mille jours. Aujourd'hui encore, il fait partie de ceux que je réécoute avec toujours autant de plaisir, à commencer par l'électrisante chanson titre. J'ai rapidement mis la main sur son premier opus sortit en 1997 et qui porte son nom, Françoiz Breut. Il manque un peu de relief mais contient déjà tout ce qui fait son talent. Et puis il y a cette belle chanson qu'est Ma colère, qui sera reprise plus tard par le groupe Calexico.

Il faudra être patient pour avoir la suite. Françoiz Breut est une artiste complexe qui mène de front sa carrière de chanteuse et celle d'illustratrice de livres pour enfants. Question dessin, elle en donne un bel aperçu avec le clip de Si tu disais que je vous ai posté il y a peu. Elle multiplie les expériences, donnant des concerts avec Calexico, chantant entre autres sur le superbe morceau Ballad of Cable Hogue que je n'avais pas résisté à l'envie de vous montrer. Quand on parle d'imaginaire cinématographique...

En 2005, ce sera Une saison volée, un bien bel objet dont le livret opérait la fusion entre les deux cordes principales de son arc : le dessin et la chanson. Un bien bel album tout en délicatesse, chantant l'amour en français comme en anglais et en espagnol (le troublant Ciutad del Mar). Françoiz Breut y affirme l'originalité de son talent et devient de ces artistes dont le charme, une fois opéré, traverse les années. Mais enfin, cinq ans entre deux albums, c'est long. Elle aura eu pitié, sans doute, et c'est fin 2008 que sort son nouvel opus, A l'aveuglette.

Plutôt sobre d'aspect, l'album déploie 14 morceaux dont 3 instrumentaux assez courts comme des respirations au sein d'un ensemble parfaitement cohérent d'autant qu'elle est cette fois l'auteur de tous les textes. Les chansons rejettent la traditionnelle forme couplet/refrain pour un déroulé poétique, une déclamation mélodieuse qui entraîne par son rythme dans des univers intimes.

Je suis à l'autre bout de la terre

Et j'ai perdu tous mes repères

Avec toutes ces formes incertaines

Griffonnées, se noyant

Dans les reflets de l'océan

L'immensité des continents

D'avoir utilisé ses propres mots, Françoiz Breut a gagné en proximité, en intimité, créant un lien délicat mais d'autant plus fort avec ses auditeurs. On retrouve ses motifs de prédilection, la douceur et la douleur de l'amour en premier lieu, et puis quelque chose qui a à voir avec un intense appétit de vivre. Une urgence comme dans L'automne avant l'heure. Un appel à changer son destin et à ne pas se laisser enfermer dans Nébuleux bonhomme.

Les jours joyeux sont là

Juste à portée de main

Je cours et je respire

Et continue tout droit

Dans Dunkerque, elle cherche à décrocher la lumière des étoiles. Dans Mouchoir de poche, elle s'imagine insecte, découvrant dans l'infiniment petit un monde à découvrir comme le héros de L'homme qui rétrécit de Richard Matheson.

Et quand les minutes se précipitent

Je les dévore à pleines dents

Et je prépare mon envolée

A l'aveuglette est plein d'images et d'atmosphères, de mots qui se télescopent, de phrases moelleuses et de rythmes envoûtants. Mais le morceau le plus enthousiasmant est sans doute Les jeunes pousses, porté par des cuivres lyriques, véritable hymne à l'énergie de l'enfance, à sa vitalité. Une chanson pleine d'espoir et de foi en l'avenir qui fait passer comme une grande rafale de vent frais. Ça fait un bien fou. Françoiz Breut est une artiste rare, rare par sa faculté de nous toucher au plus profond, rare par la force de sa poésie, trop rare parce que l'on aimerait bien la voir dans le sud, et que l'on aimerait bien aussi qu'elle ne nous laisse pas si longtemps sans nouvelles.

Le disque

Sur Benzinemag

Sur Popnews

Sur Pinkushion

Sur Myspace

Son site

09/05/2009

Si tu disais (Françoiz Breut)

 

06/05/2009

Les jeunes pousses (Françoiz Breut)

28/03/2009

Trio

Yann Tiersen, Dominique A. et Christophe Miossec travaillent sur le morceau Le Jour De L'Ouverture de l'album Les Retrouvailles. L'extrait est tiré du film La traversée de Aurélie du Boÿs qui a fimé Tiersen dans la création de l'album de mars 2004 à janvier 2005.

11/02/2009

Love you more

30/12/2008

Eartha Kitt

11/12/2008

Des nouvelles de Brenda Kahn

Évidemment, image et son ne sont pas de très bonne qualité, mais Brenda Khan doit savoir que son fan club français est toujours à l'affût. Voici donc, opportunément mise en ligne, une vidéo de l'une de ses dernières apparitions publiques. Un concert donné au Lach's Anti-Folk Revival au Sidewalk Cafe, East Village, NYC le 23 octobre 2008. une chanson que je ne connaissais pas.

24/11/2008

Working on a dream (cadeau)

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12/11/2008

Retour

Noir Désir revient. Pas n'importe comment, bien sûr. Deux chansons : Gagnants / Perdants et Le temps des cerises. En téléchargement libre et gratuit sur leur site noirdez.com. Cadeau. Et puis cette phrase : "A part ça, Noir Désir est au travail...". Merci. Vraiment.

Ah, il y a aussi ces quelques explications :

La chanson, « Gagnants / Perdants » a été enregistrée par Noir Désir, en réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acceptation du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition.

De la même façon ,« Le temps des cerises » est né d’un désir subit, d’une urgence même, il ne s’est pas passé 24 heures entre le fait d’y penser et la fin de l’enregistrement. Sa réalisation avec les personnes qui étaient là dans l’instant est le fruit du naturel, de l’amitié, de l’amour de la musique et de la conscience de ce que représente cette chanson symboliquement dans une époque comme la nôtre aux antipodes de ce fameux « Temps des cerises ».

10/11/2008

Voix d'Afrique

Myriam Makeba, l'une des plus grandes chanteuses africaines, vient de succomber (semble-t'il) à une crise cardiaque, alors qu'elle participait à un concert de soutient au romancier Roberto Saviano , l'auteur de Gomorra. Menacé par la Camorra qu'il dénonce avec virulence dans son ouvrage, Saviano a suscité de nombreuses initiatives, dont ce concert qui a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi à Castel Volturno, au coeur même des terres camorristes. Une belle symbolique pour celle qui fut de tous les combats, à commencer par ceux de son pays, l'Afrique du Sud, dont elle fut exilée pendant plus de trente ans. Je l'ai découverte lors de mon voyage là-bas, il y a quelques années, passant par l'indispensable Pata, Pata et découvrant surtout cette chanson, The click song, qui utilise le dialecte Xhosa et ses claquements de langue caractéristiques. Ce sera donc mon modeste hommage à une grande dame et une grande voix.

07/11/2008

Why dont' you do right ?

05/11/2008

Programmation Brel

C'est l'année Brel. Enfin, je ne trouve pas que l'on en parle tant que ça. En même temps, ça ne me gène pas parce que Brel fait partie de ceux que je peux écouter sans me lasser. C'est donc l'année Brel tout le temps. Contrairement à Brassens qui a affirmé un style dès ses premières chansons et n'a fait par la suite que le polir (ce qui est déjà remarquable), Brel n'a cessé d'évoluer, de chercher et de se transformer. Ca le rend à la fois un peu plus irrégulier, mais aussi un peu plus attachant. Encore qu'à ce niveau, je n'ai pas l'envie ni la prétention de faire un classement. Le mieux est encore de l'écouter. Aussi je vous propose pour novembre une sélection de chanson  "breliennes" que j'aime bien sur radio Hispaniola, le lecteur sur votre droite.

06/10/2008

Le retour des bonbons

19/09/2008

Peckinpah revisité

Calexico et Françoiz Breut interprêtent la ballade de Cable Hogue, du film du même nom réalisé en 1970 par Sam Peckinpah. Enregistrement au Further Beyond Nashville Festival au London's Barbican Theatre, en novembre 2002. Joli !

14/09/2008

A la pelleteuse !

12/09/2008

Tabarly par Yann Tiersen

Après quelques réticences initiales, Yann Tiersen a accepté de composer la bande originale du film documentaire Tabarly de Pierre Marcel, consacré au fameux marin. Après une période plutôt électrique, marquée par ses collaboration avec Shannon Wright et son album en concert C'était ici, Tiersen revient, via le cinéma, aux lignes claires et mélodiques d'albums comme Le phare ou son travail également cinématographique pour Goodbye Lenin de Wolfgang Becker. Comme pour le film allemand, il bâtit une oeuvre autonome, entêtante et magnifique. Sa musique met en avant le piano (surtout) et la guitare classique (le morceau Au dessous du volcan) en de longues plages musicales agitées de variations subtiles. Apparaissent ça et là l'intervention d'instruments plus atypiques comme il les aime, le vibraphone, le piano jouet, l'orgue et même des cornes de brume.

Hommage au marin breton, ce qui a du le toucher quand même un peu, les morceaux évoquent tour à tour le mouvement de l'océan, la solitude en mer, le souffle de l'épopée sportive et l'aventure. Les tonalités nostalgiques rappellent le tragique destin de Tabarly disparu en mer en 1998. Cet album sent les embruns et l'air du large.

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En attendant la tournée avec Christophe Miossec en 2009 et le nouvel album en préparation.

Les albums de Yann Tiersen sur la boutique.

Le site de Yann Tiersen

Le site du film (avec la bande annonce et la musique)

La page MySpace de Yann Tiersen

27/08/2008

Une chanson rare


07/07/2008

Chanson d'été (qui s'impose)

03/06/2008

So long road runner

29/05/2008

Love you more

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Im in love again
Been like this before
Im in love again
This times true Im sure

Dont wanna end up like no nine day wonder
Ive been hurt so many times before
So my darlin' I will never leave you
Its in my blood to always love you more
Love you more

Its my heart again
That drives me so wild
I just cant explain
Although Im not a child

So why would I cry if you ever left me
Maybe cos you're all Im livin' for
With every heartbeat I want you madly
Its in my blood to always love you more
Love you more

Oh my love again
What I say is true
Though it may sound plain
I love you

And it means more to me than life can offer
And if this isn't true love then I am sure
That after this love there'll be no other
Until the razor cuts 

The Buzzcocks juillet 1978

Photographie : The 5 P