24/06/2007
Le château
K. est arpenteur. K. est ce héros sans nom lui aussi. Il arrive au village, engagé par le château, mais il ne semble pas attendu et, rapidement, encore moins désiré. Y a-t'il eu erreur sur la convocation ? K. Va entamer une lutte obstinée et résolue pour faire valoir ses droits. Une lutte complexe pour accéder à l'étrange pouvoir qui règne au château et régit la vie de tous. Un pouvoir qui agit à distance, dont la distance même est la force la plus redoutable. K. ne parviendra pas au château, il ne pourra même pas accéder jusqu'aux fonctionnaires subalternes qui descendent parfois s'occuper de leurs affaires au village. Ironiquement, le roman s'achève alors que K. est sur le point de rencontrer enfin l'un d'eux. Un inachèvement qui parachève cette impression de cauchemar, toujours interrompu au mauvais moment.
Mais l'enjeu n'est pas là. Il est dans la lutte, car K. se bat, courageusement, inlassablement. Il questionne, manoeuvre, refuse, s'affirme. Il parle. Le corps du livre est fait de longues conversations, plutôt des échanges de monologues, entre K. et celles qui sont à la fois ses précieuses alliées et ses meilleures ennemies : les femmes, Frieda qu'il veut épouser après l'avoir séduite, Olga et sa soeur à la terrible destinée, la patronne de l'auberge. Longs échanges où l'on progresse difficilement dans la jungle des mots. Chaque idée est nuancée et précisée avec de multiples précautions.
Le château est fascinant. J'ai aimé me perdre dans les longues tirades de K. et de ses contradicteurs. Il se prête bien sur à de multiples interprétations. Il y a celle liée à la religion, qui me touche donc peu. K. essayerait de s'élever vers la Grâce symbolisée par le château et transcender sa condition d'homme. Il y a la plus évidente critique ironique du fonctionnement de la société, de la façon dont elle pèse sur nos existences. Nous sommes là proche de l'Orwell de 1984 et de La ferme des animaux. C'est une grille de lecture peut être plus pertinente que jamais aujourd'hui où nous nous débattons dans des vies normées, encadrées fichées avec toujours plus d'efficacité et l'illusion (relative ?) de la liberté. On peut également être sensible à la lecture d'une parabole sur le nazisme naissant (le livre date de 1927) et qui rejettera violemment l'oeuvre de Kafka. Ou à une parabole plus large sur le destinée humaine et la solitude comme le sont les autres oeuvres de Kafka.
Mais Le château me semble aussi un grand livre de résistance. Même si Max Brod, l'homme qui fit paraître les ouvrages inachevés, explique en postface que Kafka avait prévu de faire mourir K. pour que son échec soit total. Tel qu'il est, le roman est plus près encore de la vie, toujours irrésolue. L'important est dans le combat ais-je écrit plus haut. K. pourrait partir, quitter le village et ses folies, tenter sa chance ailleurs. Mais non, il choisit en connaissance de cause de rester et de se battre.
J'ai acheté mon exemplaire à Cavaillon, dans un stand de bouquiniste. C'est une jolie édition de 1947, la traduction d'Alexandre Vialatte avec une curieuse couverture de Mario Prassinos. Ce peintre d'origine grecque a illustré Sartre, travaillé avec Vilar à Avignon, il était lié à Queneau, Char et les surréalistes. Je vous montre ça.

Le livre
09:30 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Franz Kafka, littérature |
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19/06/2007
Invitation
Comme chaque année, l'association Regard Indépendant que j'ai le plaisir de présider organise les Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice. La 9e édition se tiendra du 22 au 27 octobre 2007. Les Rencontres sont une fenêtre de diffusion pour les auteurs régionaux, indépendants, étudiants, amateurs, iconoclastes et artistes de tout poil. C'est également pour nous l'occasion de présenter quelques films que nous avons aimé et qui n'ont pas trouvé le chemin des distributions habituelles. Comme chaque année depuis trois ans, j'ouvre un blog pour l'occasion dans lequel nous mettons, outre les éléments pratiques, toutes sortes d'informations autour de la programmation : entretiens, critiques, documents, photographies, vidéos, etc.
J'ai donc l'honneur de vous convier à l'inauguration virtuelle du blog des 9e Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice ce mercredi 20 juin à partir de 18h30. Au programme, sur cet espace d'échanges, une intervention vidéo de votre serviteur, des courts métrages, une bande annonce, un pré-programme, le visuel 2007 et quelques cacahouètes virtuelles pour que l'illusion soit complète.
A demain.
22:52 Publié dans La vie sur la toile | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Rencontres 2007, Regard Indépendant |
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01/06/2007
Et toutes ses dents...
15:28 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Beatles, anniversaire |
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30/05/2007
Le paradis et les bornés
D'un côté, Manu Chao, l'ancien chanteur de la Mano Negra, qui sort un nouvel album en septembre. Partisan d'expériences ouvertes et originales, il avait notamment sortit Sibérie m'était contée, livre – CD avec des dessins de Wozniak sortit uniquement en kiosques et librairies en alternative aux grands circuits de distribution de la musique. En avant goût de Radiolina, Manu Chao nous offre cette fois un morceau, Raining in Paradize un premier titre disponible en ligne sur son site officiel, non seulement en écoute mais aussi en fichier téléchargeable gratuitement en format MP3, dans une qualité sonore équivalente aux titres que l'on achète en ligne sur internet. Une autre façon de concevoir son rapport avec le public. S'ouvrant par des sirènes de police hurlantes, le morceau est vif, carré, très rock et politique. Merci.
A l'opposé, de grosses sociétés commencent à se faire de la place sur des plate formes de diffusion de contenu comme Youtube. Ainsi Sony BMG a mis en ligne un peu plus de 1600 vidéos de ses artistes maison dont de nombreuses raretés. Bonne idée. Et parmi elles, une vidéo de Brenda Kahn sur sa chanson I Don't Sleep, I Drink Coffee Instead réalisée par Prudence Whittlesey. Super, mon cher ! Et bien non, pas tant que cela parce que Sony bloque le partage de ses vidéos, à l'encontre de l'esprit qui règne (pour encore combien de temps ?) sur ce genre d'outil. Dommage pour les échanges, la diffusion, les amateurs de Brenda Kahn et ceux qui pourraient être séduits par sa musique. Là où cela énerve un peu, c'est que, comme je l'avais raconté en son temps, Sony avait racheté Columbia où la belle Brenda avait fait son album Epiphany in Brooklyn, puis l'avait lâché en pleine préparation de son suivant. Ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui d'exploiter la vidéo et la musique sans plus se soucier de la chanteuse tandis que, cerise sur le gâteau, tout ceci n'est plus disponible sur le site officiel de Kahn. Belle mentalité.
20:25 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Manu Chao, Brenda Kahn, Internet, droits |
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28/05/2007
Broken radio
Des nouvelles du boss en attendant le Live in Dublin prévu pour mi-juin. Le 18 avril 2007, Bruce Springsteen s'est joint au chanteur Jesse Malin pour enregistrer une vidéo de la chanson Broken Radio, leur duo sur le dernier album de Malin, intitulé Glitter in the Gutter.
22:05 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Bruce Springsteen, Jesse Malin |
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18/05/2007
Un questionnaire
Un questionnaire littéraire auquel j'ai eu envie de répondre, récupéré chez Ludovic (qui lui même avait été sollicité par ailleurs).
Les 4 livres de mon enfance :
Coke en stock de Hergé. Il n'y avait pas que Tintin, mais il y avait beaucoup Tintin
L'Ile mystérieuse de Jules Verne. Le triomphe de l'esprit humain et la possibilité de tout recommencer à zéro. Mon Verne préféré.
Les cinq et le trésor de l'Ile d'Enyd Blyton. J'aime toujours les livres qui racontent un commencement.
2001, l'odyssée de l'espace de Arthur C Clarke. J'avais vu le film et je voulais mieux comprendre. Le livre ne m'a pas beaucoup aidé.
Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore :
Shakespeare.
Ernest Hemmingway.
Primo Levi.
Alexandre Dumas.
Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais :
Ian Fleming
James Fenimore Cooper
Alexandre Jardin
André Chénier
Les 4 premiers livres de ma liste à lire :
Jean-Christophe de Romain Rolland. Depuis que j'ai lu Zweig.
Intégrale de Jean Patrick Manchette. (Déjà bien entamée).
La prisonnière de Montezuma de H. Rider Haggard.
Renoir / Renoir ouvrage collectif de la Cinémathèque française.
Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte :
L'Ile mystérieuse de Jules Verne. Ca s'impose.
Tout Franquin. Ne pas oublier de rire.
Hitchcock – Truffaut. Le livre sur le cinéma.
Le décaméron de Boccace.
Les derniers mots d'un de mes livres préférés :
Elle était certaine que, dans les années à venir, Alice garderait son coeur d’enfant, si aimant et si simple ; elle rassemblerait autour d’elle d’autres petits enfants, ses enfants à elle, et ce serait leurs yeux à eux qui deviendraient brillants et avides en écoutant mainte histoire extraordinaire, peut-être même cet ancien rêve du Pays des Merveilles. Elle partagerait tous leurs simples chagrins et prendrait plaisir à toutes leurs simples joies, en se rappelant sa propre enfance et les heureuses journées d’été.
Alice au pays des merveille - Lewis Carroll
Les 4 lecteurs dont j'aimerais connaitre les 4 :
14:35 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Questionnaire, littérature |
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13/05/2007
Sarah Vaughan - Perdido
22:25 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Sarah Vaughan, jazz |
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10/05/2007
Deux bonnes nouvelles (il y en a)
Est-ce que, par hasard, par le plus grand des hasard, sans me risquer aux plus folles hypothèses, avec les précautions les plus précautionneuses, Larcenet et Ferri ne seraient pas en train de nous préparer un épisode de Spirou et Fantasio ? ICI.
11:20 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Manu Larcenet, bande dessinée, blog, Frantico |
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09/05/2007
Chanson de circonstance
Paroles d'Eugène Pottier (1886) sur l'air de T'en fais pas Nicolas de Parizot. Pottier est également l'auteur de L'Internationale et du Temps des cerises. Un expert.
On l’a tuée à coups de chassepot,
À coups de mitrailleuse
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse.
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte.
Refrain
Tout ça n’empêche pas Nicolas
Qu’ la Commune n’est pas morte.
Tout ça n’empêche pas Nicolas
Qu’ la Commune n’est pas morte !
Comme faucheurs rasant un pré,
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent mille hommes.
Et les cent mille assassinats,
Voyez ce que ça rapporte.
On a bien fusillé Varlin,
Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l’aorte.
Ils ont fait acte de bandits,
Comptant sur le silence.
Achevez les blessés dans leur lit,
Dans leur lit d’ambulance
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte.
Les journalistes policiers,
Marchands de calomnies,
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d’ignominie.
Les Maxim’ Ducamp, les Dumas
Ont vomi leur eau-forte.
C’est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes.
À l’enterrement de Vallès,
Ils en étaient tout bêtes
Fait est qu’on était un fier tas
À lui servir d’escorte.
C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte.
C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte !
Bref tout ça prouve au combattant
Qu’ Marianne a la peau brune,
Du chien dans l’ ventre et qu’il est temps
D’crier vive la Commune !
Et ça prouve à tous les Judas
Qu’si ça marche de la sorte
Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte.
Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte !
Vous pouvez en télécharger une version MP3 libre de droits ICI.
08:40 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Chanson française, politique, Eugène Pottier |
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05/05/2007
Proposition
La 35e édition du festival international du film de La Rochelle (29 juin – 9 juillet) rendra hommage à John Ford en proposant une rétrospective en collaboration avec l'Institut Lumière. Il m'est venu l'envie de proposer à mes camarades bloggeurs de profiter de l'occasion pour organiser ce que nos amis cinéphiles américains appellent un blog-a-thon. Pour mémoire, vous pouvez consulter ceux auxquels j'ai participé sur Angie Dickinson et Alfred Hitchcock.
Le principe en est simple. Sur la période du festival, ceux qui le souhaitent publient sur leur blog une ou plusieurs notes sur le sujet et l'ensemble est mis en réseau à partir d'Inisfree (ce qui, en l'occurrence ne manque pas de sel). Nous devrions obtenir sans aucun doute un superbe ensemble critique aussi divers que nos écritures respectives. Je précise qu'il n'y a rien à gagner sinon le plaisir d'échanger sur le grand homme. Je vous propose donc la tenue du :
Blog-a-thon John Ford
29 juin au 9 juillet 2007

Si vous êtes intéressés, inscrivez-vous en commentaire. Pour les lecteurs qui souhaiteraient participer mais qui n'ont pas de blog, je serais ravi d'héberger leurs textes pour l'occasion. Qu'on se le dise !
Quelques repères :
Filmographie sur IMDB
Dossier John Ford sur le littéraire.com
Fiche Wikipedia
John Ford sur le Ciné-club de Caen
Photographie : domaine public (source Wikipedia)
16:50 Publié dans La vie sur la toile | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma, John Ford, blog |
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04/05/2007
Anniversaire
Certes, nous aurions pu les convaincre et les conquérir,
Car l'angoisse de l'ouragan est émouvante.
Oui, l'ouragan allait bientôt venir ;
Mais cela valait-il la peine que l'on en parlât et qu'on dérangeât l'avenir ?
Là où nous sommes, il n'y a pas de crainte urgente.
René Char
1907 - 1988
14:35 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : René Char, poésie |
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01/05/2007
Le petit démagogue
Les lecteurs de l'Hispaniola savent combien j'apprécie les articles de Jean-Luc Porquet dans le Canard Enchaîné. Il vous reste moins d'une semaine pour trouver et lire (mais ça se lit vite) Le petit démagogue publié par Porquet aux éditions de la Découverte. Le petit démagogue en question est bien sûr l'ex-ministre candidat peut-être bientôt président. Le livre est une « version entièrement actualisée, remaniée et sarkozyée » de Le faux parler paru en 1992. C'est à la fois drôle et inquiétant, c'est aussi malheureusement le genre d'ouvrage qui ne touche généralement que ceux qui sont déjà plutôt convaincus. Pour peu que l'on s'intéresse de façon critique à Nicolas Sarkozy, on n'apprendra pas grand chose sur lui ni sur ses méthodes : ses rapports avec les journalistes, son autoritarisme, son culot monstre, ses formules à l'emporte-pièce, son agitation médiatique perpétuelle, ses trahisons, sa culture du résultat, la façon dont il a évacué son piètre bilan. Rien qui n'ai été dit, redit, écrit voire filmé. Porquet en fait une exposition claire et complète et en démonte les mécanismes. Mais bon, qui à l'UMP prendra le temps de lire ce livre ?

Ce qui est plus original, c'est la mise en parallèle avec les histoires de démagogues plus fameux, plus terribles aussi : Savonarole, le moine florentin, Milosevic, Evita Peron, le général Boulanger, Poujade, il cavalière Berlusconi... Si Nicolas Sarkozy ne peut être mis sur le même plan (c'est un républicain, du moins c'est ce que nous sommes nombreux à nous dire pour nous rassurer), il utilise bel et bien les mêmes méthodes et, en creux, Porquet révèle le secret du succès de son sujet d'observation : son pouvoir de fascination. Car si ainsi exposées avec le recul de l'histoire, les outrances des démagogues semblent énormes jusqu'au ridicule, jusqu'au baroque (il faut lire le portrait de Huey Long, gouverneur de la Louisiane dans les années 20/30 ou le récit des prêches de Savonarole), elles sont aux foules manipulées, dans le feu de l'actualité, frappées au coin du bon sens. Le démagogue est un séducteur. Jusqu'aux réveils, toujours douloureux. Illustrations de Cabu.
Le livre
11:30 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jean-Luc Porquet, politique |
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21/04/2007
Jaurès
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques
14:40 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Jacques Brel, Jaurès |
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11/04/2007
Ariane
« O nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. O ce jour-là nos visages... les avons-nous déjà oubliés ? La honte de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée ? Voulez-vous les revoir, ces visages ? Moi, non. »
Chronique bien troussée d'Ariane Mnouchkine chez Libé, la suite ICI.
10:01 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ariane Mnouchkine, Libération, politique |
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06/04/2007
3e Gnossienne de Satie par Sarah Bahoum
15:25 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Erik Satie, piano |
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22/03/2007
Accusé, levez-vous !
Françaises, français.
Belges, belges.
Cancérologues, cancérigènes, monsieur l'Humoriste.
Mon hébergeur pendu haut et court.
Lecteurs adorés.
Salut ma flemme, bonjour la référence et mon courroux... coucou !
Ah ! Que ces ultimes mots sonnent comme un cri de ralliement culte, et pas seulement du denier, pour toute une génération d'auditeurs radiophoniques. Mais pas pour moi. Non, chers lecteurs, non je n'écoutais pas la radio entre 1981 et 1983, Dieu me tripote (merci mon dieu). Ni avant, ni après. Ni radio ni, un peu plus tard, télévision. C'est une hygiène de vie, il y a suffisamment de conneries sur Internet. Mais nous ne sommes pas là pour parler de moi, mais de l'accusé ci-devant Desproges, Pierre de son prénom, censément humoriste de profession et accusé, crime impardonnable, d'être mort. Desproges Pierre dont je n'hésiterais pas à demander la tête si c'était encore possible. Car un humoriste, ça ne meurt pas comme cela, monsieur, surtout s'il a le malheur d'être drôle. Et jeune avec ça ! C'est un coup à vous statufier, vous mythifier, vous empailler, vous intouchabiliser. C'est un coup à ce que votre éditeur vous ressorte un tirage spécial sur joli papier avec extraits de manuscrits et marque page collector, ça ! Un coup à ce que l'on publie la moindre de vos liste de courses au supermarché du coin rédigée en hâte sur un ticket de métro, ça ! Un coup à vous sanctifier aussi, car qui oserait dire aujourd'hui, mis à part quelques pisse-froid grabataires, staliniens ou nostalgiques du maréchal nous voilà, qui oserait dire ou écrire que vous étiez un humoriste médiocre, vulgaire, atrabilaire et obsédé, déversant votre hargne, votre haine avec un H comme Halimi, et vos jeux de mots laids pour gens bêtes à travers des média complaisants et naïfs qui ne connaissaient pas encore les subtilités du Loft et de la Star Academy, et sous la couverture d'un vernis de relative maîtrise de la langue française ? Qui ? Qui que je te me le... et sans gants encore. Car soyons francs, chers lecteurs, que pouvait-on attendre d'un homme qui ne connaissait ni les blogs, ni les forums, ni les portables, merveilles de notre technologie moderne, un homme allant jusqu'à écrire ses textes à la main ? Et pourtant, cet homme que vous aimeriez avoir devant vous, n'hésita pas en ces premières années d'une France socialiste, pouf, pouf, à s'emparer de la robe sacrée de la justice sous laquelle je ne vous dis pas, pour se faire Fouquier-Tinville d'opérette et instruire les cas pendables de figures aussi marquantes que Daniel Cohn-Bendit, PPDA, Dorothée, Pierre Perret, Claire Bretecher, Yannick Noah, José Giovanni, sans oublier le gros borgne blond national qui lui inspira cette phrase définitive : « On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui ». L'acte d'accusation, chers lecteurs, est édifiant. Il est là, devant vous, 370 pages des réquisitoires du tribunal des flagrants délires. Car Desproges, Pierre, est coupable, mille fois coupable de nous avoir laissé en plan comme ça, sans sa parole à « désacraliser la bêtise » et cet ouvrage, hilarant, émouvant, indispensable, vous en convaincra mieux que moi.

Le site de l'accusé
L'accusé sur Wikipedia
Une vidéo de l'accusé
Le livre(et le reste du dossier)
10:10 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Pierre Desproges, humour |
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14/03/2007
L’histoire des Gauches en France
Je viens de refermer la dernière page du second tome du gros pavé de L’histoire des Gauches en France. Livre somme dirigé par Jean-Jacques Becker et Gilles Candar aux éditions la Découverte. C’est un brillant voyage à travers un peu plus de deux siècles d’idées, de luttes, d’hommes et de femmes, des différents courants et mouvements qui ont composé les Gauches françaises. Car bien avant d’être un temps « plurielle », la Gauche en France a toujours pris de multiples visages. Révolutionnaires de 1789, 1792, 1794, 1830 et 1848 ; bonapartistes un temps, défenseurs de la République en 1851, membres de la Commune en 1871, socialistes, radicaux, communistes, anarchistes, situationnistes, syndicalistes… Vaste monde !
Cet ouvrage long mais d’une lecture aisée et prenante visite toutes les familles, s’attache aux grands moments constructeurs de grands mythes : l’affaire Dreyfus, le combat laïque, le front populaire, la Résistance, mai 68, l’Union de la Gauche… Les grandes figures défilent, Jaurès et Blum entre autres pour un cours de rattrapage pour candidat ignorant, comme les grandes idées, du marxisme inévitable à la laïcité indispensable en passant par les utopies du XIXe et celles de mai 68, encore, pour conclure sur un portrait contrasté de l’homme de gauche en l’an 2000.
Je suis plutôt content d’avoir terminé cette lecture enrichissante avant les élections. C’est toujours utile de savoir un peu d’où l’on vient. D’autant que les nombreux auteurs de cette histoire ne sont en rien dogmatiques et n’hésitent pas, au fil des chapitres, à pointer les contradictions, renoncements, impasses et glissement des gauches. Ainsi le bon vieux débat entre révolution et réforme est aussi vieux que la notion de gauche elle-même. Il est au cœur de la scission historique de 1920 entre socialistes et communistes et semble toujours vivace aujourd’hui à suivre les dernières péripéties politiques. Plutôt réformiste moi-même, je note que l’essentiel des avancées, je veux dire des avancées réelles qui constituent depuis deux siècles l’identité que ce que j’appellerais le camp progressiste, ont été rendus possibles par l’alliance d’une grosse dose de réformiste (et donc de compromis) avec une pointe de grand soir. Mais juste une pointe.
Bon, je ne sais pas trop comment ça va tourner en avril-mai. Depuis quelques années, on a le sentiment qu’une page se tourne mais qu’elle a du mal à le faire. Que les Gauches, l’institutionnelle autour du Parti Socialiste et la radicale autour des mouvements altermondialistes qui peinent à s’unir, ont du mal à bien saisir ce monde qui bouge trop vite et à l’accompagner comme aux grandes heures. Mon vieux fond optimiste me pousse à penser que ça va se tasser et puis, sans recul, on y voit que dalle. Dans l’attente, lecteur chéri, je ne saurais trop te conseiller cette saine lecture de ces deux tomes qui trouveront une place de choix dans toutes les bibliothèques de goût. Même celles qui ne sont pas spécialement à gauche.

Une critique dans Lire
Un long article dans les clionautes
Le livre
12:50 Publié dans Saines lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, Gilles Candar, Jean-Jacques Becker |
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11/03/2007
Exotic mood
08:00 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Martin Denny, musique exotique |
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28/02/2007
Joyeux anniversaire !
J'ai créé Gaston pour me reposer au moment où je butais sur Spirou. Je l'ai créé pour illustrer ma flemme. Même au moment de ma dépression, je l'ai dessiné et cela me reposait.
André Franquin

00:25 Publié dans Ici et maintenant | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : anniversaire, Gaston Lagaffe, André Franquin |
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23/02/2007
Julie London
08:24 Publié dans Morceaux en forme de poire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Julie London, jazz, musique |
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